Moun ki fè l’Ewop – La Guerre en Ukraine, 4 ans plus tard
Moun ki fè l’Ewop – La Guerre en Ukraine, 4 ans plus tard

Moun ki fè l’Ewop – La Guerre en Ukraine, 4 ans plus tard

Guerre en Ukraine : quatre ans plus tard, quels enjeux pour l’Europe ?

Le lundi 9 mars 2026, le Centre Europe Direct Antilles-Guyane, en partenariat avec Radio Fréquence Caraïbe, proposait une nouvelle édition de son émission mensuelle Moun ki fè l’Ewop, consacrée cette fois à un sujet majeur de l’actualité internationale : la guerre en Ukraine, quatre ans après l’invasion russe de février 2022.

À travers un format pédagogique et accessible, Moun ki fè l’Ewop a pour objectif de décrypter les grandes décisions européennes et d’expliquer leurs impacts concrets pour les citoyens, y compris dans les Régions ultrapériphériques (RUP) comme la Martinique, la Guadeloupe ou la Guyane.

Cette émission a ainsi permis de revenir sur les origines du conflit, l’implication croissante de l’Union européenne et les enjeux politiques, économiques et géopolitiques qui en découlent.

Comprendre un conflit qui dure depuis quatre ans

L’émission a d’abord permis de replacer la guerre dans son contexte historique et politique. 

Le 24 février 2022, la Russie lançait une offensive militaire à grande échelle contre l’Ukraine, marquant une escalade majeure dans un conflit qui remonte en réalité à 2014, avec l’annexion de la Crimée et le début des combats dans la région du Donbass. Quatre ans plus tard, la guerre se poursuit et reste l’un des principaux défis géopolitiques auxquels l’Europe est confrontée.

L’émission a également rappelé que l’Ukraine n’est pas membre de l’Union européenne, mais qu’elle est devenue pays candidat à l’adhésion en juin 2022, quelques mois seulement après le début de l’invasion. Depuis décembre 2023, les négociations d’adhésion ont officiellement été ouvertes, même si ce processus reste long et conditionné à de nombreuses réformes. 

Négociations de paix : une situation toujours incertaine

Quatre ans après le début de la guerre, les perspectives de paix restent limitées.
Des discussions diplomatiques ont été relancées en 2025 dans plusieurs villes, notamment à Istanbul, Genève ou Abou Dhabi, mais les positions russes et ukrainiennes demeurent très éloignées.

La Russie exige notamment la reconnaissance de son contrôle sur plusieurs territoires ukrainiens et la neutralité militaire de l’Ukraine, tandis que Kiev réclame des garanties de sécurité solides, comparables à celles de l’OTAN, ainsi que la poursuite de son intégration européenne. 

Dans ce contexte, les négociations restent fragiles et aucun accord de paix durable ne semble encore se dessiner.

Une mobilisation financière massive de l’Union européenne

L’émission a également fait le point sur l’ampleur du soutien européen à l’Ukraine.

Depuis le début de la guerre, l’Union européenne et ses États membres ont mobilisé plus de 193 milliards d’euros d’aide, incluant des soutiens financiers, militaires et humanitaires. 

Cette aide se décline sous plusieurs formes :

  • un soutien budgétaire et économique pour maintenir les services publics ukrainiens ;
  • une assistance militaire fournie par les États membres ;
  • une aide humanitaire ;
  • et l’accueil de millions de réfugiés ukrainiens dans l’Union européenne. 

En décembre 2025, les dirigeants européens ont également approuvé un nouveau prêt de 90 milliards d’euros destiné à soutenir l’Ukraine pour les années 2026 et 2027, financé par un emprunt commun de l’Union européenne. 

Europe ou États-Unis : qui soutient le plus l’Ukraine ?

Contrairement à certaines idées reçues, l’émission a montré que l’Europe est aujourd’hui le principal soutien de l’Ukraine. Selon les estimations de l’Institut Kiel, les pays européens ont mobilisé plus de 200 milliards d’euros d’aide, contre environ 115 milliards pour les États-Unis depuis le début de la guerre. 

Depuis 2025, et la suspension de l’aide militaire américaine, les pays européens ont encore renforcé leur engagement, devenant le premier soutien financier et militaire de Kiev.

Sanctions économiques et avoirs russes gelés

Au-delà de l’aide à l’Ukraine, l’Union européenne a également adopté une série de sanctions économiques visant à affaiblir la capacité de la Russie à financer la guerre.

Depuis 2022, plusieurs séries de sanctions ont été mises en place : restrictions sur les importations d’énergie russe, exclusion de banques du système financier international, gel d’avoirs d’oligarques et fermeture de l’espace aérien européen aux compagnies russes. 

L’émission s’est aussi penchée sur la question des avoirs russes gelés en Europe, estimés à environ 210 milliards d’euros. Ces fonds, appartenant principalement à la Banque centrale russe, sont aujourd’hui immobilisés sur le territoire européen. 

Si les intérêts générés par ces actifs sont déjà utilisés pour soutenir l’Ukraine, leur confiscation totale reste un sujet complexe sur le plan juridique et diplomatique.

Pourquoi cette guerre concerne aussi les territoires ultramarins

Enfin, l’émission a abordé une question essentielle : en quoi cette guerre concerne-t-elle les citoyens des Antilles et de la Guyane ?

Même si le conflit se déroule loin de nos territoires, ses conséquences sont bien réelles.
La guerre a notamment contribué à la hausse des prix de l’énergie et à l’inflation observée en Europe depuis 2022. Elle influence également les priorités budgétaires et stratégiques de l’Union européenne, dont les politiques – qu’il s’agisse des fonds de cohésion, des programmes de transition énergétique ou des politiques agricoles – ont un impact direct sur les régions ultrapériphériques. 

Comprendre ces enjeux permet ainsi de mieux saisir le rôle de l’Union européenne dans le monde et les décisions qui façonnent notre avenir commun.

Une émission à réécouter

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette émission sur notre page YouTube : https://youtu.be/WFpQrMXpws0